Expédition Alaska 2024 : snowboard extrême et héliski dans la Dernière Frontière

Un rêve d'enfance qui aboutit : en mars 2024, on s'engage dans un voyage de snowboard extrême dans la région de Haines, en Alaska, avec la légende locale de l'héliski, Sean Dog. Rider les faces que nos héros, comme Jeremy Jones, ont descendues dans les vidéos qu'on a regardées en boucle.

Par Jon Iturralde

Un rêve d'enfance

Depuis toujours, le snowboard et les sports extrêmes font partie de notre vie. L'Alaska, c'était l'horizon : des montagnes qui tombent dans la mer, des couloirs à perte de vue, une neige qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Arriver au sommet et voir enfin, en vrai, ce qu'on avait vu tant de fois à l'écran, c'est un moment qu'on n'oublie pas.

Se préparer pendant des mois

Ce genre de voyage ne s'improvise pas. Force des jambes et du tronc, travail excentrique pour les genoux, endurance, mobilité, sommeil : arriver en forme, c'est la première mesure de sécurité. Et la tête aussi : visualiser les lignes, garder des routines simples, rester calme quand l'hélicoptère repart et qu'on est seul face à la pente.

Arriver jusque-là

Haines, c'est loin de tout. Le ferry le long des fjords, le matériel vérifié au départ, les fenêtres météo à guetter, les rotations d'hélicoptère, les guides. Chacun avec son DVA, sa pelle, sa sonde et son sac airbag, des moyens de communication et un plan d'évacuation connu de tous.

Le risque, on le connaît et on le partage

Lire le manteau neigeux, écouter les guides, décider ensemble, toujours avoir un plan B. Accepter de renoncer : en montagne, la meilleure décision est parfois de ne pas partir. Des rôles clairs, une communication courte et franche, et une confiance totale dans l'équipe.

Être prêt à tout

Dès le premier jour, l'un des membres de l'équipe s'est blessé au dos. Il est resté immobilisé près de dix jours dans une cabane, sous la neige, sans pouvoir sortir : l'évacuation se fait par avion léger ou par hélicoptère, et la météo la rendait impossible. L'une des guides était infirmière, mais nous n'avions ni médicaments injectables ni matériel pour en administrer. J'avais mes aiguilles d'acupuncture. Avec l'acupuncture et quelques antidouleurs, il a pu gérer sa douleur un peu mieux, jusqu'à ce qu'on puisse le sortir de là.

En Australie, au centre de haute performance de Surfing Australia, Jeremy Sheppard, qui entraînait alors l'équipe australienne de surf, m'avait appris l'une de ses premières règles : use what you have. Utilise ce que tu as. C'est exactement ce que nous avons fait. En zone isolée, on ne choisit pas les conditions : on s'adapte, avec ce que l'on a et avec ce que l'on sait.

Quand on pratique ces sports, les blessures et les accidents arrivent, tôt ou tard. La question n'est pas de savoir si, mais quand. Il faut avoir un plan pour les affronter et pour se relever : savoir à qui s'adresser, comment récupérer, comment revenir. C'est cette préparation, avant, pendant et après, qui permet de continuer à vivre ses rêves, saison après saison.

La préparation, point par point

  • Physique, trois à quatre mois avant : force des jambes et du tronc, travail excentrique pour protéger les genoux, endurance, mobilité des hanches et du dos, et des semaines de décharge pour arriver frais.
  • Technique : journées en poudreuse et en hors-piste avant le départ, gestion de la vitesse et des sorties de couloir, chutes contrôlées.
  • Sécurité avalanche : formation à jour, exercices de recherche DVA, matériel complet (DVA, pelle, sonde, sac airbag) vérifié avant chaque rotation.
  • Médical : bilan avant le départ, anciennes blessures traitées et suivies, trousse adaptée à une zone isolée, assurance couvrant l’évacuation et le rapatriement.
  • Logistique : jours tampons pour la météo, communication satellite, plan d’évacuation connu de toute l’équipe.
  • Récupération sur place : sommeil, hydratation, alimentation régulière, mobilité chaque soir, et l’humilité de lever le pied quand le corps le demande.

Pour aller plus loin

Précédent
Précédent

Nutrition anti-inflammatoire, fonctionnelle, « animal-based » : plusieurs chemins vers la santé

Suivant
Suivant

États de conscience : ce que l'esprit change à la santé, à la performance et à la longévité